Sécurité et technique | le 29 mai 2026

Quelles sont les aides de l’Etat pour la réfection d’une toiture ?

Vous êtes propriétaire, bailleur ou copropriétaire et vous envisagez des travaux de réfection de toiture ? Plusieurs aides financières peuvent permettre de réduire le coût de votre projet, notamment lorsque les travaux améliorent la performance énergétique du bâtiment. MaPrimeRénov’, éco-prêt à taux zéro, CEE, TVA réduite… découvrez les principaux dispositifs disponibles en 2026 pour financer vos travaux de toiture professionnelle.

Table des matières

Ma Prime Rénov’ Copropriété (via l’ANAH)

MaPrimeRénov’ Copropriété est une aide financière de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) destinée aux syndicats de copropriétaires souhaitant engager des travaux de rénovation énergétique dans les parties communes d’un immeuble.

Pour être éligible, la copropriété doit être immatriculée, composée majoritairement de résidences principales et avoir plus de 15 ans. Les travaux doivent permettre un gain énergétique d’au moins 35 %. Compte-tenu de cette exigence de réduction de consommation énergétique, cette aide ne pourra être allouée qu’en cas de rénovation complète du toit, seul chantier susceptible d’améliorer l’isolation.

L’aide peut financer jusqu’à 45 % du montant des travaux, dans la limite de 25 000 euros par logement, avec des bonus pour les copropriétés fragiles ou sortant du statut de passoire énergétique. Un accompagnement par un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO) est obligatoire. La demande est déposée par le syndic via la plateforme de l’Anah.

Ma Prime Logement Décent (via l’ANAH)

Ma Prime Logement Décent est une aide de l’État destinée aux propriétaires occupants, bailleurs et copropriétés souhaitant rénover des logements dégradés ou insalubres. Ce dispositif, porté par l’Anah, finance des travaux visant à améliorer la sécurité, la salubrité et le confort des habitations : réfection de toiture, rénovation électrique, consolidation des fondations ou encore amélioration énergétique.

L’aide est accordée sous conditions de ressources et selon l’état du logement. Les montants peuvent atteindre jusqu’à 70 000 € de travaux subventionnés pour les ménages les plus modestes. Un accompagnement par un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO) est obligatoire afin de garantir le bon suivi du projet.

Les propriétaires bailleurs doivent également respecter des conditions de location encadrée. L’objectif principal de Ma Prime Logement Décent est de lutter contre l’habitat indigne tout en favorisant des logements plus sûrs, sains et économes en énergie.

L’éco-prêt à taux zéro

L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) est un dispositif de financement destiné à soutenir les travaux de rénovation énergétique des logements. Accessible sans condition de ressources, il permet aux propriétaires occupants, bailleurs ou copropriétés de bénéficier d’un prêt sans intérêts pour financer des travaux d’isolation, de chauffage, de ventilation ou encore de rénovation globale.

Notez que pour profiter de cette aide, vous devez effectuer des travaux d’isolation thermique sur votre toit.

Les professionnels du bâtiment jouent un rôle central dans ce dispositif, car les travaux doivent obligatoirement être réalisés par des entreprises certifiées RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Le montant du prêt peut atteindre jusqu’à 50 000 € selon l’ampleur des travaux, avec une durée de remboursement pouvant aller jusqu’à 20 ans.

L’éco-PTZ est cumulable avec d’autres aides comme MaPrimeRénov’. Pour obtenir ce financement, un dossier comprenant devis et formulaires spécifiques doit être transmis à une banque partenaire de l’État.

Le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)

Le principal levier de financement pour les travaux de toiture professionnelle en 2026 reste le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Ce mécanisme oblige les fournisseurs d’énergie à financer des opérations permettant de réduire les consommations énergétiques des entreprises et des particuliers.

Dans le secteur tertiaire et industriel, les travaux d’isolation de toiture, de toiture-terrasse ou de combles sont particulièrement soutenus. Les travaux doivent respecter des critères techniques précis (la surface isolée, la performance thermique atteinte, la zone climatique, l’activité du bâtiment…) définis dans des fiches d’opérations standardisées : les fiches BAT-EN-101 à BAT-EN-103 concernent notamment les travaux d’isolation des toitures et combles dans les bâtiments professionnels.

L’avantage majeur des CEE réside dans leur caractère cumulable avec d’autres aides publiques. Les entreprises peuvent ainsi combiner primes CEE, aides régionales et subventions de l’ADEME afin de réduire fortement le reste à charge.

La TVA réduite à 5,5 %

La TVA réduite à 5,5 % peut s’appliquer aux travaux de rénovation énergétique sur des logements achevés depuis plus de deux ans. Ce taux concerne notamment « les travaux liés au maintien de l’étanchéité de la toiture et de reprise d’étanchéité des points singuliers défaillants de la toiture (ex. remplacement de tuiles) dans le cadre de travaux d’isolation », selon le site France Rénov’.

« Booster Entreprises Eco-Energie Tertiaire » (ADEME)

L’Agence de la transition écologique (ADEME) propose plusieurs dispositifs de soutien à la rénovation énergétique des bâtiments professionnels. En 2026, le programme « Booster Entreprises Eco-Energie Tertiaire » constitue l’un des outils les plus importants pour accompagner les PME dans leurs travaux.

Cette aide finance principalement les audits énergétiques, les études de faisabilité, les missions de maîtrise d’œuvre et l’accompagnement technique des projets de rénovation.

Le dispositif peut couvrir jusqu’à 80 % des dépenses d’ingénierie pour les petites entreprises et 70 % pour les entreprises moyennes, avec un plafond de dépenses éligibles atteignant 100 000 € HT.

Les travaux de réfection de toiture sont souvent intégrés dans une rénovation énergétique globale comprenant l’isolation thermique de l’enveloppe, le remplacement des équipements de chauffage, l’amélioration de la ventilation et l’installation de systèmes de pilotage énergétique.

Ces opérations permettent aux entreprises de répondre aux objectifs du décret tertiaire imposant une réduction progressive des consommations énergétiques : -40 % en 2030, -50 % en 2040 et -60 % en 2050 par rapport à une année de référence.

Le saviez-vous ?

En 2026, la réfection des toitures professionnelles constitue un enjeu stratégique pour les entreprises françaises. Les bâtiments tertiaires, industriels et commerciaux sont désormais soumis à des obligations de performance énergétique de plus en plus strictes, notamment dans le cadre du dispositif Éco Énergie Tertiaire issu du décret tertiaire.

Dans ce contexte, les travaux de toiture ne concernent plus uniquement l’étanchéité ou la sécurité du bâtiment : ils participent aussi à la réduction des consommations d’énergie, à l’amélioration du confort thermique et à la valorisation du patrimoine immobilier.

La toiture représente en effet l’une des principales sources de déperditions thermiques d’un bâtiment professionnel. Une mauvaise isolation peut entraîner jusqu’à 30 % de pertes de chaleur.

Les travaux d’isolation de toiture, de rénovation d’étanchéité ou de pose de systèmes photovoltaïques deviennent donc des investissements prioritaires pour les entreprises souhaitant réduire leurs coûts énergétiques et respecter les objectifs réglementaires de 2030.

Les aides régionales et européennes​

Les régions françaises proposent également des dispositifs complémentaires pour la rénovation énergétique des bâtiments professionnels. Les fonds européens FEDER jouent un rôle important dans le financement des opérations de réhabilitation thermique des bâtiments tertiaires et industriels.

Dans certaines régions, les entreprises peuvent bénéficier de subventions directes, d’avances remboursables, de prêts bonifiés ou encore d’aides à l’ingénierie.

Les projets intégrant des matériaux biosourcés ou des procédés innovants sont particulièrement valorisés. Les opérations de rénovation de toiture associées à une amélioration globale des performances énergétiques disposent généralement d’un meilleur niveau de financement.

Les collectivités territoriales et chambres de commerce peuvent également accompagner les entreprises dans le montage administratif des dossiers de financement.

En tant que professionnels consciencieux, La Compagnie des Toits maintient une veille réglementaire pour permettre à ses clients de profiter pleinement des dispositifs d’aides disponibles. Notons que la majorité de ces subventions oblige les poseurs à avoir le label RGE : à ce sujet, le ministre a annoncé vouloir faciliter l’accessibilité et l’obtention du label qui serait octroyé par défaut après 2 bilans et 3 chantiers exemplaires.