L'univers du toit | le 31 mai 2022

Réfection d’étanchéité sur toiture-terrasse : critères de choix

Lorsqu’il s’agit d’envisager la réfection d’étanchéité d’un toit-terrasse, de multiples questions doivent se poser et la tâche peut sembler complexe. Ci-après les points-clés pour un projet bien mené.

Quelle sera la destination du toit-terrasse ?

Il est indispensable de connaître le contexte d’utilisation du toit-terrasse afin de définir le complexe d’étanchéité qui sera mis en œuvre :

Toiture accessible : circulation fréquente de piétons (public) et/ou véhicules. Il s’agit d’une terrasse accueillant du public.

Son revêtement apparent variera de la dalle sur plots à la chape coulée en passant, entre autres, par du carrelage…

Toiture inaccessible : circulation très peu fréquente, réservée au passage de personnels spécifiques pour l’entretien de l’étanchéité, des exutoires de fumée, des antennes, enseignes… La fréquence de passage est de l’ordre de 1 à 2 fois par an.

Son revêtement apparent est souvent la membrane d’étanchéité elle-même (bitume pailleté, EPDM, PVC, TPO…).

Toiture technique : circulation fréquente due à la présence d’appareils nécessitant des interventions régulières comme les panneaux solaires, locaux de machinerie d’ascenseurs…

Son revêtement apparent est souvent la membrane d’étanchéité elle-même (bitume pailleté, EPDM, PVC, TPO…). C’est dans cette catégorie que l’on trouvera les toitures végétalisées.

Étant donné que la destination de la terrasse définit la couche apparente, elle aura également une influence sur le choix de la nature de l’isolant. Il faudra par exemple un isolant solide au pas pour une terrasse technique ou accessible piétons et l’on devra par conséquent écarter tout isolant souple.

Quel est le type du bâtiment ?

Les règles à suivre lorsque l’on envisage des travaux de réfection ne sont pas les mêmes d’un bâtiment à l’autre. Concernant la sécurité incendie notamment, il faudra distinguer plusieurs types de bâtiments :

  • Bâtiments d’habitation
  • ERP (Établissement recevant du public) divisés en 5 catégories selon la capacité d’accueil
  • ICPE (Installations classées pour la protection de l’environnement)
  • Bâtiments relevant du code du travail (tout bâtiment professionnel ne recevant pas de public)
  • Immeubles de grande hauteur

Concernant les toits terrasses, une classification spécifique, appelée BRoof (t3) est exigée pour certains de ces types de bâtiments. Ce classement indique que le complexe mis en œuvre a un comportement vis-à-vis du feu extérieur qui permet de ne pas le propager vers l’intérieur en moins de 30mn.

Les exigences réglementaires en désenfumage naturel dépendent également de cette même segmentation de types de bâtiment.

Point d’attention spécifique : l’atmosphère intérieure du bâtiment aura des conséquences sur le choix technique du complexe d’étanchéité. Une atmosphère à forte hygrométrie, ou corrosive (stockage d’engrais par exemple) mènera à des exigences spécifiques qu’il faudra étudier en amont.

Quel est l’élément porteur ?

L’élément porteur d’une terrasse est la structure sur laquelle vient se poser le complexe d’étanchéité. Il peut être fait de :

  • Béton
  • Tôles d’acier nervurées
  • Bois

Un élément porteur béton peut supporter des charges conséquentes et permet donc de mettre en œuvre des complexes d’étanchéité destinés à être recouverts de matériaux lourds :

  • Graviers
  • Circulation humaine ou motorisée
  • Végétalisation type jardin
  • Certains audacieux ont même mis en œuvre des piscines sur le toit de leur bâtiment !

À savoir qu’avec un élément porteur en maçonnerie, la pente nulle est admise.

Un élément porteur métallique (tôles d’acier nervurées) est ce que l’on retrouve le plus souvent dans les bâtiments industriels type usine, entrepôt de logistique, etc.

Sa nature permet de mettre en œuvre des complexes d’étanchéité où la majorité des matériaux sera fixée mécaniquement (vis, plaquettes, rails…)

Moins courant dans l’univers professionnel, mais à ne pas omettre, l’élément porteur bois présente les mêmes caractéristiques que l’élément porteur métallique. Avec cependant une résistance moindre à la charge descendante.

Pour ces deux derniers cas, une étude spécifique pour la densité des fixations de l’isolant et de la membrane d’étanchéité devra être faite en fonction de la hauteur du bâtiment, de la zone climatique dans laquelle il est situé et de son exposition (protégée, normale ou exposée).

Quel est le besoin ou l’obligation en isolation ?

L’isolant est très souvent partie prenante du complexe d’étanchéité. Il incombe donc à l’étancheur d’apporter la performance souhaitée par le client et/ou exigée par les textes en vigueur.

Par ailleurs, les contraintes techniques font que, pour le poseur, plus l’isolant est mince, mieux il réussira à se conformer aux besoins de hauteurs de relevés minimum exigés par les DTU.

À résistance thermique égale (exemple R=5 m².K/W), il faudra 18cm de laine de roche là où 11cm de polyuréthane suffiront. Ces 7cm font toute la différence quand on a un pas-de-porte et que le relevé minimum de l’étanchéité doit faire 10cm…

Quel est l’état du complexe existant ?

La réfection de toiture est généralement synonyme d’un retrait puis de remplacement des éléments existants. Pour autant, il est tout à faire envisageable de recouvrir l’existant sans effectuer son retrait.

L’enjeu est ici triple :

  • Économique, car laisser l’existant exonère d’un coûteux travail de démontage
  • Pratique, car mettre la toiture à nu pose des problèmes d’exploitation du bâtiment en cas d’intempéries
  • Écologique, car tout déposer génère une grande quantité de déchets avec des coûts de transport et de recyclage (quand cela est possible)

Choisir de conserver l’existant (rechapage) ne se fait pas sans une étude préalable qui passe par un sondage pour vérifier que l’isolant n’est pas imbibé notamment. D’autres critères d’évaluation sont à la charge de l’étancheur pour acceptation ou non du support existant et sont définis dans l’annexe E du DTU 43.5 « Travaux de bâtiment – Réfection des ouvrages d’étanchéité des toitures-terrasses ou inclinées ».

Il est à noter que sur un élément porteur en maçonnerie, deux rechapages sont admis, alors que sur éléments porteurs bois et tôles d’acier nervurées, on n’est autorisé à en effectuer qu’un seul.

Concernant l’existant, il est à noter qu’une vérification du dimensionnement et de l’emplacement des évacuations des eaux pluviales est un impératif. Il y aura lieu, le cas échéant, de corriger les non-conformités… Voire de proposer un léger surdimensionnement en vue des épisodes climatiques à venir.

Quelles obligations en matière de sécurisation ?

Tout toit-terrasse neuf ou rénové, quelle que soit sa destination, doit répondre aux règles en vigueur en matière de sécurisation.

Rappels :

  • La sécurisation collective (garde-corps, barreaudage 1200 Joules, échelle à crinoline…) est à privilégier
  • En matière de garde-corps, la pose fixée prime sur la solution lestée (sauf impossibilité technique de fixer)
  • Le choix de sécurisations individuelles type lignes de vie ou points d’ancrage sera fait à la volonté expresse et écrite du client
  • En cas d’accident, l’argument économique pour le choix d’une sécurisation individuelle n’a aucune valeur.

Quels ajouts possibles ?

L’énergie est au cœur des préoccupations. Créer un apport en lumière naturelle améliorera le confort des utilisateurs du bâtiment et c’est un point à réfléchir dans l’optique d’une réfection de toit-terrasse.

Mais tout apport en lumière naturelle crée un défaut d’isolation.

Il faut chercher le juste équilibre entre le deux et c’est là toute l’importance de l’approche experte dans un projet de réfection de toit-terrasse.

Bitume, PVC, TPO, EPDM… Que choisir ?

Tous les matériaux d’étanchéité répondent aux besoins cités ci-dessus… Sous certaines conditions. Par exemple, pour des très grandes surfaces, si le choix d’une réfection par tranches est adopté, il faudra refaire avec le matériau existant pour réaliser des raccords hors d’eau fiables entre le neuf et l’existant.

C’est à l’expert de définir quelle proposition optimale présenter à son client. Les exigences normatives et structurelles citées ci-dessus étant non négociables, il est important dans ce cadre d’envisager la solution qui conjuguera au mieux le budget du client et son besoin en « temps de tranquillité assurée ».


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